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jeudi 14 février 2008

Notre territoire intérieur

En éthologie comme en psychologie, nous savons que la perte du territoire provoque toujours du stress et que ce stress entraîne une décharge variable mais régulière de catécholamines dynamisantes (adrénaline, noradrénaline, etc.). Chez certains ce stress peut rester un stimulant positif, alors que pour d’autres il peut provoquer une détresse psychique ou une maladie physique.

Quel que soit l’événement vécu, notre vulnérabilité dépend toujours de notre prédisposition ainsi que de notre ressenti. Le ressenti négatif d’un événement n’est jamais le résultat d’une analyse rationnelle et objective de la situation, mais très souvent la résurgence d’un conflit plus ancien qui vient, à ce moment donné, parasiter l’individu. Bien souvent, cette souffrance intérieure et antérieure s’exprime alors que la personne n’en a plus conscience.

Lorsque des résurgences du passé restent inconscientes ou que nous nous retenons, par pudeur ou par peur du flot de douleur qu’elles contiennent, de les évacuer, nous provoquons une “ déformation “ de notre métabolisme.

Prenons une image et jouons avec ses analogies : une balle de tennis sur laquelle nous donnons une pichenette va rouler et se déplacer sans se déformer. Par contre, cette même balle, lorsque nous la pressons fortement entre nos deux mains se déforme. Le déplacement est analogue à l’énergie que nous libérons lorsque nous prenons conscience du souvenir enclavé dans notre mémoire et que nous l’évacuons par la parole et les émotions. La “déformation “ est analogue à l’énergie bloquée par deux énergies contraires : le souvenir refoulé et le vécu du présent qui réveille la douleur passée et nous “déforme”.

Le conflit entre vécu ancien et ressenti actuel agit directement sur le fonctionnement de notre cerveau biologique neurovégétatif qui va tout entreprendre pour évacuer le sur-stress. A ces fins, notre cerveau va diriger la contrainte (le stress) vers notre organisme physique et plus particulièrement vers un de nos organes provoquant la maladie. Notre cerveau tire, pour ainsi dire, la sonnette d’alarme par le biais de la maladie.

Lors d’une expatriation, lorsqu’un événement inattendu survient et qu’il engendre un ressenti anormalement dramatique, une maladie physique peut suivre. A nous d’entendre cette alarme et d’avoir le courage d’affronter nos conflits intérieurs qui pourraient avoir à faire avec la perte du territoire de notre prime enfance, de nos attaches affectives, sensorielles qui l’ont balisé et que nous avons perdu avec souffrance.

Photo et texte Marie Tora

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