jeudi 20 mars 2008
Sur le marché actuel du livre, plusieurs ouvrages forts intéressants traitent de la différence entre les femmes et les hommes. Pour les résumer trop brièvement nous dirons que les deux genres, le masculin et le féminin, sont de polarités différentes et que lorsque la tension entre ces deux polarités devient insupportable, rupture et séparation sont inévitables. Le masculin ira vivre sur une planète et le féminin sur une autre et qu’enfin la plus grande source de conflits sur notre planète Terre disparaîtra.
Mais, heureusement pour l’humanité, l’écart des polarités n’est pas si grand puisque chacun et chacune disposent pour une part, des qualités du sexe opposé. Avec cela si la femme peut à son gré cultiver son côté masculin et l’homme sa partie féminine, les variations sont infinies.
Les différences se répartissent ainsi :
- 1. Le biologique : les femmes ont la capacité, contrairement aux hommes, de donner la vie à un être fini.
- 2. Le culturel, induit par la société, la famille, l’environnement, la langue et l’histoire.
- 3. La liberté d’interprétation individuelle de son appartenance à tel ou tel sexe. Ce dernier tiers reste, cependant, tributaire de l’influence du biologique et du culturel.
Suivant plusieurs études, le potentiel herméneutique de la femme serait plus important que celui de l’homme. Ceci signifie que la femme est plus apte que l’homme à tenir compte des signes, des symboles et des analogies. La femme est attentive, observatrice. Elle perçoit finement les détails et enregistre les informations, tandis que l’homme fixé vers un seul but, les survole pour mieux les oublier. Alors que l’homme cherchera une solution à un problème de manière théorique, abstraite, réglementaire, la femme s’en sortira de manière créative, individuelle et à partir de ses capacités d’adaptation et de flexibilité.
La femme dispose du sens de l’éphémère ce qui lui permet de vivre une difficulté du moment tout en cherchant d’autres issues possibles et cela dans le calme et la créativité. Dans des situations extrêmes, la réaction de la femme est adéquate et déterminée. Intuitive, elle défend avant tout le principe du vivant, le réel. Elle est capable de remettre en cause des consensus établis. Sa sensibilité lui permet de donner des définitions du genre « un peu comme ci-un peu comme ça ». La femme est polytéléologique. Elle joue avec les buts et en poursuit plusieurs à la fois.
Afin de satisfaire sa dimension intellectuelle la femme utilise volontiers le narratif. Peu lui importe que le le contenu soit banal ou essentiel. Pour elle, l’essentiel se tient dans le quotidien, dans l’ordinaire. Plus que les hommes, les femmes savent bien que le quotidien nous rassemble et nous permet de créer des liens, de la reconnaissance, du respect. Ainsi et heureusement dans le banal et l’ordinaire nous trouvons tous les repères, les points d’ancrage et la stabilité du couple, de la famille et de la société.
Dans le domaine de la transcendance, les hommes n’osent pas se poser de questions. Ils préfèrent les thèses scientifiques ou les certitudes dogmatiques. Les femmes perçoivent dans la vie même le sens de la vie. Elle dispose pour cela d’une intuition métaphysique et la science comme le dogme ont sur elles moins d’emprise. L’homme se tient au service du principe et la femme au service de la vie. Sans l’empathie, vertu toute féminine – et n’oublions que l’homme dispose d’une certaine féminité en lui - l’humanité ne serait qu’un vaste champ de souffrance.
Dans notre monde moderne secoué par le phénomène de sa mondialisation, les femmes disposent d’une merveilleuse plate-forme où étaler leurs talents. Leur ouverture herméneutique ainsi que leur goût inné pour la Vie sont porteur d’espoir pour nous tous. Elles sont nos meilleures ambassadrices et nos meilleures artistes. C’est cela aussi l’art d’être une femme.
Texte et illustration Marie Tora